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These boots are made for walking

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9 août 2009

Et si on jouait aux "Robinson"

SDC11621Premier geste du matin après une nuit moite : nous plongeons depuis la terrasse du Losmen dans une mer translucide. Le petit déjeuner goulûment avalé (des gâteaux maison), nous chaussons nos godillots de marche pour rejoindre notre campement de l’autre côté de l’île. La traversée révèle une jungle dense dans laquelle nous espérons bien pouvoir surprendre quelques tarsiers. Après une quarantaine de minutes, nous arrivons sur une grève où une pirogue nous attend pour nous conduire vers la plage déserte et inaccessible à pied où nous avons décidé de passer la nuit suivante.

Nous posons le pied sur un sable blanc immaculé. Trois cabanes de bois indiquent le campement. La plage est bordée de falaises et de jungle impénétrable et une eau limpide vient lécher le bout de nos orteils. Le poisson grillé sera l’essentiel de notre alimentation et la mer notre seul possibilité de faire un brin de toilette. Conditions de vie très frustres, mais c’est le prix de la solitude. Les coraux très nombreux rendent la nage dangereuse à marée basse, mais dés que la mer remonte un peu, nous pouvons profiter d’un espace de jeux aquatiques à dix mètres de la plage.

Nous partons le lendemain pour l’atoll voisin. Une île de deux mètres sur quatre, totalement formée de coraux morts, offre un plongeoir naturel très commode pour découvrir les coraux merveilleux qui tapissent les fonds marins. Symphonie végétale en eau salée. Les formes et les couleurs sont ici variées comme jamais. Nous passons le reste de la journée à rechercher un coin d’ombre. Le soleil mort cruellement nos peaux déjà agressées par le sel. Il faut vraiment rester totalement immobile dans cette mer à 36 degrés pour avoir une impression de fraîcheur. La journée passe lentement. Quelques oiseaux tropicaux virevoltent au dessus de nos têtes et à la nuit tombée nous guettons au pied des cocotiers les trous creusés dans le sable, espérant y voir le bout d’une pince d’un coconut’s crab… Sans électricité il nous faut vivre avec le soleil, et comme ce dernier disparait chaque jour à 18h, nous ne faisons pas long feu.

Il nous faut repartir pour le village de Malenge afin d’y reprendre le ferry dés le lendemain matin. Direction Katupat pour une immersion dans le monde civilisé : l’île de Bollilanga et ses 6 bungalows ! Mais avec électricité à partir de 19h, eau douce à volonté et bière Bintang ! Nous retrouvons donc les matelas de planche du Losmen de Malenge. Le fils de la gérante nous y attend déjà avec l’addition, déçu de voir lui échapper au bout de deux jours les seuls touristes qu’il avait reçu du mois d’août. C’est sans doute pour cela qu’il tente de gonfler la note de quelques services fictifs. Nous nous étonnons d’avoir à payer pour un trek à travers la jungle que nous n’avons jamais fait. L’agressivité du personnage nous fait céder. Nous lui donnons ces 90 000 roupies extorqués et ne pensons plus qu’à quitter les lieux au plus vite. Fin de parcours désagréable dont nous nous serions bien passés pour conserver de Malenge le souvenir de quiétude qui nous avait habité depuis notre arrivée.

Loin de la fin de nos surprises, la nuit achève notre désir de fuir. Tout le village s’est donné rendez-vous sur l’arrière-pont du ferry boat qui mouille à Malenge pour la nuit. C’est là que se trouve la seule salle de cinéma de l’île. Le volume du vieux poste télé est poussé au maximum et nous empêche de dormir. Une faune s’agglutine autour du navire et les vas et viens permanents n’arrangent rien. Alors que nous cherchons à nous endormir, porte et fenêtre ouvertes afin de ne pas étouffer, la silhouette d’un homme se fige dans l’embrasure. Nous lui demandons ce qui se passe, pensant que le bateau s’apprête à partir et qu’il est venu nous prévenir. Il part sans répondre et nous tentons de nous rendormir après avoir vérifier que nous ne nous étions pas trompés. Quelques instants plus tard, nous sommes à nouveau tirés de notre sommeil par une présence silencieuse dans la chambre. L’homme reste muet à nos questions. Nous décidons donc d’allumer la lumière. C’est alors que découvrons face à nous, fixés sur Mélanie, deux yeux fous sur un visage immobile. Un homme se tient là à nous regarder dormir avec un regard de convoitise. Effrayés, nous n’osons pas bougé et reposons encore une fois les mêmes questions. Les cris de la gérante du Losmen attirent un groupe d’homme du village qui tentent délicatement de faire sortir le visiteur nocturne. L’un d’eux nous ordonne de rester cloîtrés, portes et fenêtres fermées. Ils n’osent pas toucher l’homme mais s’arrangent pour le tenir à distance de notre chambre. Impossible dés lors de trouver le sommeil. Après avoir la certitude que notre visiteur a quitté les lieux, je ressors prendre le frais pour calmer mes nerfs pendant que Mélanie plonge son esprit dans un bouquin. La fatigue revient finalement vite et nous nous rendormons, en entrebâillant juste la fenêtre afin de supporter un peu mieux la chaleur écrasante. Au beau milieu de la nuit, je me réveille brusquement. Je me retourne vers Mélanie et découvre horrifié, juste au dessus d'elle, dans l’encadrement de la fenêtre, l’ombre d’un homme que je reconnais cette fois. Je ne sais depuis combien de temps il nous regarde. Mes hurlements réveillent Mélanie et alertent les gens du Losmen. Nous nous barricadons à l’intérieur et constatons avec horreur que, pour le faire partir, les hommes accourus n’osent pas le toucher, craignant sans doute une réaction violente. Nous comptons les secondes jusqu’au petit matin, prêts à sauter dans le bateau qui nous emmènera loin d’ici.

 

 

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8 août 2009

Transat en solitaires vers les tropiques!

 

Après un crochet par le marché local (très local), où nous nous constituons des paniers repas aux saveurs inconnues, nous filons vers le port. Un vieux rafiot y crache déjà son kérozène, et nous trouvons deux place sur le pont supérieur. Notre cabine, ouverte sur le large, fait 1 mètre de haut et nous devons la partager avec 40 autres passagers. Un peu inconfortable mais nous oublions vite ces conditions précaires dés que les premiers atolls affleurent.

Nous longeons les côtes des îles Togean qui s’étirent comme un chapelet jusqu’à Malenge, point final de notre destination. Il ne reste alors sur le bateau qu’une petite dizaine de personnes… A cet endroit la mer est calme comme un lac. Quelques îles au relief un peu plus prononcé forment une anse protectrice où quelques pêcheurs ont bâti leur maison de bamboo. Faiblement éclairées par la lueur de bougie, ces maisons sur pilotis, entassées les unes contre les autres, constituent une charmante cité lacustre de pleine mer : Malenge. La masse sombre de la forêt tropicale qui recouvre le cœur de l’île se dresse à l’arrière plan, bruissante de cris d’animaux.

C’est là que nous faisons la connaissance de Jean, seul autre touriste à avoir choisi ce lieu loin de tout pour poursuivre ses vacances. Nous descendons au seul Losmen du village où un accueil très chaleureux nous attend : thé, café, fruits, petits gâteaux et cuisine maison. Le confort est sommaire, les matelas plus durs que jamais, les draps synthétiques insupportables sous de telles chaleurs, mais le bungalow que nous devons rejoindre le lendemain occupe déjà nos pensées.

 

7 août 2009

Coquillages et crustacés...et motobylette!

 

Après un petit déjeuner frugal, nous faisons la connaissance d’Eddy, le tenancier. Il nous apprend que le ferry pour les Togean ne part que tous les trois jours. Nous sommes relativement chanceux puisque nous n’avons à l’attendre que 24h. Eddy nous propose donc pour patienter de nous montrer le chemin d’une plage inconnue des touristes, difficilement accessible et où nous pourrons le temps d’une après midi ensoleillée avoir des impressions de bout du monde, avant de rejoindre les îles paradisiaques des Togean.

Devenue experte dans l’art du pilotage du booster à boite automatique, je me vois proposer une 125 cm3 à boite semi-automatique. Après quelques premiers hectomètres chaloupés, nous filons par les chemins de traverse. Guillaume se cramponne à l’arrière et à son casque sans lanière. En quelques minutes nous quittons l’agitation d’Ampana et de sa campagne environnante pour rejoindre des pistes à travers les cocoteraies.

Sable chaud et eau turquoise. Nous ne voyons de la journée que 3 pêcheurs, quelques poissons, une colonie de bernard-l’hermite et quelques vaches. Ces dernières, à notre stupéfaction, prennent un bain de mer pour enfoncer leur museau dans un rocher… Nous constatons bientôt qu’un puits y a été creusé, révélant une eau glaciale et pure, se mélangeant à la mer. Quelques clichés cocasses et il nous faut déjà repartir. La nuit tombe déjà et nos estomacs vident réclament d’être remplis.

Nous dégustons un premier saté ayam dans un warung très fréquenté par les locaux. Et si l’aspect extérieur des lieux pouvait sembler peu engageant, nous venons sans doute de manger le meilleur sate ayam depuis notre arrivée. Sur le chemin du retour, Guillaume fait une comédie pour goûter le KFC du coin… Deux dîners le même soir. 1,5 euro chacun et nous repartons un peu plus lourd vers notre hôtel. Enième tentative de visionnage de films mais nous sombrons avant la première demi-heure… Il est 21h.

 

 

6 août 2009

Road trip to Ampana

 

Pour trouver le sommeil nous avons du réorganiser la chambre afin de disposer nos lits dans le rayon d’action du ventilateur poussif. La fraîcheur distillée en même temps que les décibels des mosquées alentours permet de nous reposer un peu. Quelques pâtisseries dénichées à la Bakery du coin sont d’un réconfort appréciable après la nuit de jeûne à bord des avions Lion Air. La journée est ensuite consacrée à la recherche d’un transport pour Ampana d’où part le ferry pour les Togean Islands. La famille charmante qui gère le Losmen nous aide beaucoup et dès 16h, nous embarquons dans un engin rutilant, bardé de lumière. Le pilote a des allures de Mario Bross mais se révèle dès les premiers lacets être un gros barjot du volant. Nous profitons d'un arrêt et des quelques goûtes qui percent le ciel pour nous abriter chez une famille voisine, très heureuse de nous accueillir et de partager quelques mots d’anglais. Alors que le trajet entre Palu et Ampana promettait une longue nuit de 11h de courbatures à l’arrière du mini van, nous voilà arrivés à destination à peine 8h plus tard et après de nombreuses frayeurs. Nos oreilles sont durement éprouvées par les subwoofer du mini van tunnisé, qui ont craché toute la nuit une soupe musicale indonésienne encore plus indigeste que les plats proposés à la cantine locale du bord de route. A nouveau, nous réveillons les tauliers de l’hôtel sur le coup d‘une heure, et craquons pour une chambre avec air climatisé. 6 euros la nuit ! On ne se refuse rien.

 

 

5 août 2009

Direction les Sulawesi!

 

Journée roulette russe ! Les compagnies indonésiennes blacklistées sont-elles si dangereuses ? Notre choix s’est porté sur Lion Air. Non qu’elle soit la plus sûre, mais parce qu’elle est la moins chère ! Direction Mataram et son aéroport via l’hôtel Lombock Raya où Guillaume désire acheter une carte du Rijiani. Une fois de plus à Lombock nous sommes accueillis comme des chiens et repartons bredouille avant de devenir très grossiers. La journée est ensuite une longue traversée de couloirs climatisés et de salles d’attente, de chek-in et de recherche de bornes wifi. Nous serrons beaucoup les fesses à chaque décollage et atterrissage. L’avion tremble de tous ses boulons mais tient le coup. L’attente fébrile d’un éventuel repas reste veine et nous arrivons affamés et de nuit à Palu, au centre des Sulawezi, point d’intersection des 4 tentacules montagneuses qui donnent à cette île une forme si étrange. Un taxi very expensive nous dépose dans un losmen où notre arrivée réveille les propriétaires. La chambre est sommaire mais nous sommes tellement épuisés que nous nous affalons après une douche froide et quelques minutes de combat féroce avec les moustiques sur nos sommiers de planches.

 

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1 août 2009

4 jours aux îles Gilis

 

Le rythme sur-vitaminé des jours précédents tranche avec la léthargie qui s’abat sur la plupart d’entre nous. Seul Cyrille et Mathilde trouvent assez d’énergie pour explorer les récifs coralliens qui cernent notre île. Pour les autres, il est temps de rattraper les retards d’écriture. Les muscles endoloris, nous nous laissons cependant séduire par le récit émerveillé de nos deux snorkelleurs et signons dés le lendemain pour une journée complète de nage autour des îles, à la recherche des tortues. Nous filons sur un superbe bateau de bois qui glisse au dessus des eaux limpides. Le courant très fort autour des îles limite les efforts. Nous nous laissons dériver, la tête dans l’eau, et scrutons les fonds marins à la recherche des tortues. Notre guide plonge en canard pour les déranger gentiment, et ce que je prenais naïvement pour de gros rochers frétille alors de la nageoire. Moment de pure magie en eaux claires. La variété des poissons et des coraux complètent cette journée riche en images. A la nuit tombée le Legend Pub devient notre QG : les cosmic pina colada remportent l’adhésion du groupe et les verres vides s’entassent à mesure que le soleil décline. Les nuages de fin de journée nous contraindront à renouveler les consommations plusieurs soirs de suite avant de voir un coucher de soleil digne de ce nom et le Gunung Agung sur Bali flamboyer de mille feu. Les fours à feu de bois font notre bonheur : le Gili Air Hôtel propose des pizzas sur lesquelles nous nous jetons avec gourmandise, trop heureux de pouvoir manger européen. Ces quelques jours nos requinquent. Il n’y a guère que la colonie de 200 coqs peuplant l’île qui a tenté de s’en prendre à notre sommeil. Les iguanes planqués au sommet de cocotiers descendent à la nuit tombée pour croquer de la poule, déclenchant une gigantesque cacophonie de gallinacés bientôt relayés par les chèvres, vaches et chiens des villages avoisinant. Nous devons nous séparer de Stéphanie, Mathilde et Cyrille le 5 août au matin. Ces quelques jours en leur compagnie ont été très agréables, et les longues heures de voyage pour rejoindre les Sulawezi assombrissent un peu nos mines. Dernières accolades avant le départ pour de nouvelles aventures.

 

31 juillet 2009

Les pieds qui chauffent!

6h du mat, nous voici postés devant l’hôtel, pantalons retroussés, lacets serrés, manches remontées (il fait déjà 50 degrés…) et une pointe d’angoisse qui naît au fur et à mesure que les coqs cessent de s’égosiller et que les gaz d’échappement des motobylettes commencent à nous chatouiller les naseaux… Notre « travel agency » de M____ (Malheur) va-t-elle nous laisser en plan ??? Et bien non !!! Avec seulement 20 minutes de retard, un driver fou nous attrape et nous filons à toute berzingue vers les montagnes, doublant tout véhicule ou animal gênant par la droite ou la gauche, du moment que ça passe. Déjà en sueur, nous atterrissons dans une agence de treck qui nous sert un tel p’tit dej qu’on se demande d’une si on va pouvoir décoller, de deux si le repas du midi est prévu… Pendant ces deux jours, nous serons accompagnés d’un guide et de 3 porteurs dont un qui, comme nous, inaugure l’ascension de Rijiani… mais qui va grimper avec plus de 20kg sur les épaules (son sac étant constitué de deux énormes paniers suspendus aux extrémités d’un pauv’ bout de bois posé sur l’une ou l’autre de ses épaules). Notre guide, Sar, porte des chaussures de marche…ça annonce la couleur, on va souffrir !!! 8h sonnent, nos sacs remplis d’eau, de quelques gâteaux et de vêtements chauds, nous partons en quête d’un volcan en pleine activité.

L’ascension à travers la rainforest est longue et laborieuse. Les racines des ficus géants forment avec les pierres un escalier naturel. Nous nous élevons d’un mètre toutes les deux enjambées sans trop penser aux 2000m qui nous séparent du sommet...enfin presque!!! Le dénivelé s'accroit au fil de l'ascension. Impossible de parler tant l'effort à fournir est important. Guillaume, lui, m'attend sagement, tout sourire et une bouteille d'eau à la main à chaque fois qu'une cabane se présente. Mie goreng cuisinés par les porteurs et ananas frais nous redonnent du peps à mi-chemin mais les derniers 500m de dénivelé sont juste une horreur, on grimpe quasi à quatre pattes dans le sable. Un pas effectué et on recule de deux...même mon surhomme montre des signes de faiblesse après 8 heures de grimpette! La recherche d’une place pour le campement s’avère plus difficile encore, le sommet ayant presque des allures de Kutabeach…les tentes y poussent comme des champignons !!! Notre camp enfin monté, le froid tombe sur nous peu à peu et nous nous réchauffons les orteils autour du feu, un verre de thé brulant dans les mains. Nous profitons d’une vue panoramique sur Lombock, Bali et les îles Gili tandis que le soleil plonge dans la mer. Une voute étoilée illumine la nuit, zébrée par les jets de lave en fusion du gunung Baru. Ce nouveau volcan apparu au pied du Rijiani crache sa fureur dans un lac devenu noir comme de l’encre à la nuit tombée. Le chaud soleil du matin dissipe les fumées et le froid de nos membres endoloris par une nuit plus qu’inconfortable. Le lac scintille à nouveau de reflets verts, bleus et jaunes. Après avoir engloutis un fameux pancake à la banane méritant à lui seul les efforts consentis la veille, il nous faut nous arracher à la contemplation de ce spectacle pour entamer une longue descente. Le ventre un peu moins creux, nous n’en dévalons que plus vite le toboggan vers les îles Gili, la tête pleine de souvenirs et les muscles perclus d’une douleur qui va durer 4 jours.

Petit soubresaut au milieu du toboggan : les sbires de l’agence tentent une dernière estocade afin de nous arracher quelques roupies supplémentaires. Notre driver nous largue dans un « bar » afin d’y attendre agréablement le départ de notre bateau privé !!! les minutes passent et alors que le dernier bateau public largue les amarres, le patron nous assure n’avoir reçu de l’agence que 50000 roupies, soit le tiers de la somme nécessaire au bateau privé… nous partons avant que Cyrille n’enfonce son objectif Polaroïd dans le crâne du margoulin pour rencontrer en chemin quatre touristes espagnols avec lesquels nous pouvons partager un bateau sans trop de frais.

Il souffle sur Gili Air une brise marine qui rafraichit l'atmosphère et il nous chatouille déjà de retrouver notre bungalows booké (incroyable mais vrai) pour 4 jours loin des sentiers poussiéreux, des cônes de cendre et des pierres qui roulent. Le Sejuk Cottages est tenu par un français, ancien traiteur de la région lyonnaise qui a tout plaqué pour vivre en tongs et en short toute l'année. Son domaine est très joliment arrangé. Il nous conduit jusqu'à une terrasse, équipée en hamac, matelas et moustiquaires au milieu des cocotiers, des bougainvilliers et des frangipaniers. Nous posons nos valises, enchantés par le lieu, et courons à la recherche d'une bintang fraîche.

 

30 juillet 2009

The station balnéaire comme on l'aime pas!!!

     La journée du lendemain est une journée sans saveur. Senggigi ne présente aucun intérêt. La lecture du Lonely Planet était pourtant pleine de promesses mais nous déchantons rapidement. Les spas dans lesquels les filles se voyaient barboter, leurs narines chatouillées par les effluves sucrées, ont laissé la place au Club 69 et au Gogo Bongo. Un petit déjeuner princier nous réconcilie quand même avec le Senggigi Graha hôtel : pancake à la banane, ananas frais, toast, omelettes de légumes, riz et nouilles fris... Nous mangeons pour 55 $ chacun et quittons la table le ventre rebondi. Puis chacun vaque à ses occupations : pendant que Stéphanie joue au Spielberg amateur avec les heures de films accumulées depuis son début de tour du monde, Mathilde s'acharne à démonter les dents du boss niveau 4 du dernier donjon de Zelda. Cyrille, Mélanie et moi partons à la recherche d'une connexion internet convenable. Cyrille doit charger la nouvelle base du site internet, Mélanie et moi devons acheter les billets de notre prochaine destination. Après une courte hésitation, nous tombons d'accord sur les Sulawezi. Il est alors 11h30. A 16h, après d'innombrables ruses, nous rendons les armes. Impossible d'acheter nos billets d'avion sur internet. Ces 5h de lutte avec l'ordinateur ont usé mon moral. Je n'ai qu'une envie : tout plaquer pour filer en booster vers les plages du nord de Senggigi. Apprenant notre malheur, le patron du cybercafé se révéla comme par enchantement avoir un deuxième métier : vendeur de billet d'avion pour les Sulawezi. L'expérience contrariante de la veille ayant aiguisé notre méfiance, nous résistons un peu avant d'accepter le tarif très attractif qu'il nous propose.      

      Soulagés, Mélanie et moi sautons sur un booster poussif et fonçons à au moins 70 km/h vers les criques désertes au nord. Un paysage somptueux se déploie derrière chaque virage d'une route côtière tout en relief. Nous ne pouvons résister à l'envie de sonder le bleu turquoise qui baigne une anse de sable fin, que seuls quelques pêcheurs intrigués occupaient. Il nous faut déjà rebrousser chemin. Un arrêt à la station service du coin, où l'essence s'achète en bouteille, et nous slalomons entre les poules pour rejoindre Senggigi à 18h. Nous récupérons des billets à l'aspect officiel, scellant la suite de nos vacances : le 5 août Mélanie et moi partirons pour les îles Célèbes. Nous retournons goûter la cuisine raffinée du Bumbu Café. Quelques calamars aux petits légumes m'apportent l'énergie nécessaire à l'effort du lendemain : l'ascension du Gunung Rijiani. Nous nous endormons en y pensant avec plus ou moins d'anxiété. Notre sommeil n'est interrompu que par l'appel à la prière d'un Muezzin vasouillard et le même coq hystérique qui croit voir des soleils accrochés à chaque réverbère. 5h sonne et nous enfilons nos godillots dans la nuit chaude qui précède l'aurore.

29 juillet 2009

Lombock

    Alors que nous louvoyons vers Lombock et que le souvenir mordant des pentes du Batur s'estt enfin effacé de nos mollets, la vision du Rijiani depuis la passerelle du cargot déglingué nous tire brutalement de cette douce torpeur dans laquelle la contemplation des récifs coraliens aux multiples poissons colorés nous a plongés. Ces quelques jours de barbotage en eau tranquille dans la baie d'Amed ont fait le plus grand bien. Une belle mer soulève désormais nos estomacs de crête en crête et la silhouette de Bali derrière nous se dissipe lentement dans un halo fiévreux d'où n'émerge plus que le solide Gunung Agung. Lombock paraît devant, l'inquiétant Rijiani répondant à son cousin. Calant nos ventres déjà éprouvées par une semaine de cuisine balinaise à l'aide de gâteaux secs en tout genre, Mélanie et moi finissons par céder : les deux grosses cheminées du ferryboat ont décidé de recracher leurs vapeurs de kérozène juste sur nos sièges. Et si nous parvenons à domestiquer les amples ondulations de la mer, les odeurs d'essence ne vont plus tarder à faire sauter le verrou de nos oesophages. Nous partons donc coloniser le pont supérieur du bâteau, laissant Stéphanie se délecter de ce mélange d'iode et de pétrole dont elle raffole tant. Cap à l'est, cheveux au vent et les yeux scrutant à la surface de l'eau les ricochets facétieux de quelques poissons volants. Cyrille observe les acrobaties de quelques dauphins dans le sillage du ferryboat et sans que l'on ait trop le temps de se rendre compte, les montagnes de Lombock se dressent au dessus de la mer droit devant nous. La brise poisseuse se fait plus chaude et un fin liseré de sable blanc surmonté de cocoteraies devient ligne d'horizon. Quelques cahuttes accrochés aux collines et des bras mécaniques signalent l'emplacement d'un port : Lembar.

      Des nuées de rabatteurs fondent sur nous tels des mouches affamées ayant localisé un gros pot de miel crémeux. Des tarifs tous plus exubérants les uns que les autres nous sont proposés pour rejoindre Senggigi et ses criques de sables labélisées Lonely Planet. Nous pensons avoir finalement trouvé une affaire convenable et montons à bord d'un Van Suzuki. Pied au plancher, notre driver nous conduit jusqu'à un point info touriste sans que nous ayons sollicité de sa part la moindre aide. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, une nouvelle nuée de rabatteurs voraces referme son emprise sur nos porte-monnaie dont ils espèrent presser jusqu'au moindre roupie. En temps normal nous nous serions débattu comme des diables jusqu'à se déferrer de leur hameçon. Mais fatigué par notre journée de traversée, nous nous laissons séduire par une offre de trekking sans voir encore ce qu'elle comportait de malhonnête. C'est au moment de déplier l'extra-bed de Mathilde dans la chambre double de 15 m² à 55 $ la nuit que le côté obscur du dossier nous apparut. Et si nos chaleureux hôtes nous avaient légèrement pris pour des pigeons bien gras ? Après quelques gesticulations hélas inutiles, nous partons en quête d'un restaurant épicé mais pas trop. Encore un peu excédés, nous sifflons deux Bintang du frigo de la chambre. Mélanie les remplit d'eau et les recapsule. Ni vu ni connu. La soirée s'achève doucement et la nuit qu'elle précédait tente d'être réparatrice. Entre les cocoricos gutturaux de quelques coqs enroués et les régurgitations vrombissantes des motobylettes trafiquées, sans qu'il soit toujours possible à l'aide de nos seules oreilles d'établir une différence catégorique entre ces deux fléaux de nos sommeils.

28 juillet 2009

bis

     On va quand même pas vous enquiquiner avec des redondances désagréables… journée bis. Les cadeaux d’anniv manquant, on a quand même fait péter les bières géantes dégustées au goulot devant un magnifique coucher de soleil et les cocktails…additionnés de notre rhum à nous parce qu’ils font un peu les radins au Bamboo Bali !!! C’est bien dur les vacances.

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